Chat-l'ange Unanimo 2017 - Huitième Texte, par sab92

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Chat-l'ange Unanimo 2017 - Huitième Texte, par sab92

Message par peyo_fr » 27 Fév 2018 0:35

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HUITIÈME TEXTE ( post-Chat-l'ange ) : "Pour une affaire de roupettes", par sab92 (2008 mots, 221 mots imposés sur 260, dans l'ordre chronologique...)

C’était un homme SERIEUX. Peu CHANCEUX. A 5 ans, le CHLORE du bassin de LA ROCHELLE l’a épargné. Sur les gradins, un HAIKU polarisait l’attention de sa mère :

Un GEAI printanier
Une mare de vase
Plouf le juvénile


Bien que le CAS fût grave, aucune AILE n’était brisée. Depuis, il AIME l’eau malgré tout, mais voue une HAINE profonde à la culture asiatique.
Bien plus tard, une rupture du FREIN du pénis endigua ses élans érotiques naissants. Le désir HASARDEUX de goûter le DETROIT étriqué d’une bouteille de Chanel numéro Cinq lui laisse désormais une discrète CICATRICE. Il se souvient, la démarche ASYNCHRONE, le slip thérapeutique HAUT format, le PET douloureux. Quoi qu’il arrive, il le sait, il n’a pas de CUL.
Et le changement d’ERE n’y fera rien. En 2001, Il décide de recycler sa vieille TAIE d’oreiller pour le confort d’Oscar, son CHIOT. Le FILOU canidé, légèrement BOSSU, n’apprécia guère cette intrusion territoriale. Il lui croqua aussitôt les BIJOUX de famille. ABCES, infections multiples. Un simple SURVOL visuel des dégâts et la SCIENCE achève ses conclusions : ROTATION partielle de la roubignole droite avec atteinte définitive du canal COMMUN de l’urètre. Pendant 3 mois, il fallut éviter la STATION debout prolongée. SEDENTAIRE par obligation, par prudence.
Adulte, à défaut de pouvoir se reproduire, il se mit à PRODUIRE. POLI et mesuré d’abord, il ensemença ensuite de façon frénétique. Planteur de père en fils - sa sœur ayant préféré la POTERIE - c’est dans l’AGRICULTURE, l’argile, la terre, que le pivot de son TRONC familial prend racine. Tout en labourant, il SONGE au gamin qu’il enfante. Chaque VOLIGE posée sur le terreau lui rappelle le berceau qu’il façonne ou le sol marqué des pas d’une galante POLKA. Etre père. Un TRONE qu’il n’a jamais occupé. Un ECOSYSTEME parental qui s’est dérobé. Son lot de consolation ? La DECORATION « Ferme des saveurs » du légume le plus oublié, le persil tubéreux. Il aurait pu en NOURRIR tout le village de POMPE-sur-Loire.

*** Jean - 11 ans

- Jean ? Je n’ai plus de beurre. Prends le paquet rouge et RECTANGULAIRE, DESCENDS et va faire un saut chez Colette.
- M’man ! C’est le grand prix de MONACO, là !
- Oui et bien, en plus de la mécanique, tu perfectionneras ton ECLECTISME alimentaire.
- Dernier tour !
- Je ne prends pas des vessies pour un LAMPADAIRE, mon p’tit bonhomme !
- Des lanternes, M’man.
- Peu m’importe ! Saute sur ton SKETCH, pas de BAGARRE en route et ne t’arrête surtout pas au JOKARI.
- Un Skate, Maman ! De toute façon Gilles travaille au SILO aujourd’hui et je prends mon vélo.
- Tiens ! Profites-en pour acheter du CHIPIRON, le panier est près de la porte. Et prends la veste que ta tante t’a ramenée du Brésil !
- Acheter du quoi ?
- N’emporte pas la CHISTERA en osier de ton père ce coup-ci. Les dernières commissions, c'était IGNOBLE ! C’était BAGDAD dans toutes mes barquettes.
Jean s’empara de sa bécane, du panier, et s’éloignant, fredonnait l’air du chat : "… moi VOULOIR ETRE chat-ah, quand dehors il fait froid-ah-ah-ah …"

***

N’est pas CALIFE qui veut. Un coup de croc et COUIC ! Le voilà privé de ses GESTES et désirs les plus naturels. ICI, dans la rue, LORSQUE cette femme le dévisage avec intérêt. Ou bien quand celle-là, adossée nonchalamment aux POTEAUX électriques, découvre un bout de FICELLE dentelée dépassant de son Levis 501. Brutalement, un goût sucré point alors dans sa bouche. Un goût de BETTERAVE broyée sous l’effet de la frustration. Dégoulinant. Rouge. Artériel. Comme le sang d’un PHOQUE, tripes à l’air, souillant et dévalant la pente glacée du littoral arctique. Le rêve est FATAL. Le glacier ambulant ne l’a pas vu arriver. La CHANTILLY le recouvre partiellement, stupidement. Des éclats de RIRE jaillissent. Une QUESTION fuse, suivie d'autres : Qui c’est celui-là ? Il sort d’où ce type ? L’est idiot ou quoi ? Puis, le GAZ azoté fait exploser un siphon endommagé. Non moins que la HONTE qui accable cet homme et s’amplifie. Une souffrance à l’instar de celle d'un AZTEQUE endurant le mépris espagnol tandis qu’un des leurs brisait un CROMLECH mexicain. Catalyse. Au cœur d’un MAHJONG géant, le PITBULL trouve ses futures victimes. Les élimine par paires. Empoigne un rebut de bouteille de VODKA dans le caniveau et frappe sauvagement le crâne d’une jeune fille à la manière d’un forgeron brutalisant le fer sur l’ENCLUME : la vertèbre cède comme un ROSEAU. Rattrape à la CUILLERE un badin ARTILLEUR, puis, semblable au félin comprimant le cou de l’ANTILOPE, l’observe expirer. Rictus MOQUEUR à son tour. Plaisir ANIMAL. Fin de la partie.

***

BRICOLEUR du dimanche, l’inspecteur Ganzini n’aime pas le rafistolage au boulot. Il est suivi de près par Isidore Nelson, coéquipier VENTOUSE et IDIOT notoire de Pompe-sur-Loire. Sur la scène de crime, le policier voit des passants CRAQUER. Un JOUEUR de bonneteau est penché sur un gamin. Il devait être MIGNON en PHOTOGRAPHIE. Maintenant, le RIDICULE de son expression affiche la violence du COUP. Carnet ALPHABETIQUE en main, Patrick Ganzini interpelle le RESPONSABLE sur place. Il remarque l’ALLIANCE située sur son majeur. Symbole TEMOIN de l’égocentrisme du personnage. Une GROSSE médaille orne son uniforme. POUSSIERE d’éternité gravée de la devise militaire du coin : CREVER, FONCER, EXPLOSER. Il le trouve MITEUX et sa tronche le fait ressembler à un CHIMPANZE.
- Qu’est-ce qu’on a Eliot Ness ? demande-t-il, SARCASTIQUE.
- Le coupable, vous êtes venu pour rien. La réponse triomphale claque.
Le flic scrute le décor macabre à travers l’agent, comme si son corps n’était qu’un HOLOGRAMME. Rien ni personne n’infléchira Ganzini de cette enquête. MACHIAVEL n’a qu’à bien se tenir. Remisant le carnet dans sa poche, il met le cap vers la maison d’arrêt des Paumettes.

***

C’est quasi une zone HUMIDE. Comme seuls meubles du VESTIAIRE, un alignement d'armoires rouillées. La manifestation d’un rat le fait FRISSONNER. Une caméra assure sa SURVEILLANCE et un plat de CREVETTE est posé devant lui. Des CLOUS jonchent le sol. Un FILET de sang coule le long de sa carotide. S’il était DETECTIVE, c’est forcément par cet endroit qu’il commencerait les recherches. Il tente de se rassurer. Il a mal. Il pense à VAN GOGH. A son oreille sectionnée. Il hésite à porter la main à sa gorge. Dans la pénombre, son sang ressemble à du CARAMEL qui glisse sur une plaque de marbre. Le plancher de l’ATELIER présente des OSSEMENTS épars. Il se fige lorsqu’il identifie un crâne humain. Une INITIATION à l’horreur comme dans ses cauchemars les plus refoulés. Il doit FOUILLER les lieux, opérer une VISITE du moindre recoin. S’y OBSEDER. Se calmer tout d’abord, car HESITER c’est perdre du temps. Et pour se prouver qu’il est encore vivant, il répète son NOM.
- Je m’appelle Jean. Jean Nicolas.

***

L’air GRAVE, le commandant Ganzini s’installe face au bourreau. Pose délicatement un exemplaire des Faux-Fuyants de SAGAN sur la table, pour voir. Derrière la vitre sans tain, TOUS les observateurs sont attentifs. Un sentiment AMER se détache de l’ambiance générale. L’enquêteur présente l’AVIS de recherche sous les yeux du criminel. Posé sur l’image du jeune garçon, un doigt d’ENCOURAGEMENT, SINCERE, INSTRUMENTAL, attend des PAROLES, qu'il se libère. Le BRUIT est suspendu à la procession des pages du carnet de Patrick Ganzini. Un mémoire de CALAMITE. Le fauteur de trouble fait une mine incommodée. Ce à quoi réagit l’inspecteur.
- Un problème ? Tu veux des boules QUIES peut-être ? Ah ! Je sais… la PROMISCUITE.
L’homme se contente d’un ricanement.
- Hum… bien. Sais-tu ce que je vois ? Je vois un SEJOUR. Un séjour où l’INCONFORT sera INOUBLIABLE. Agrémenté de charmants SANITAIRES. Et un accueil ! On sait vraiment FETER les nouveaux au mitard. La PIETE sera ton seul exutoi…
L’homme bondit, attrape l’encolure du flic et lui sort posément :
- J’vais te PETER la gueule. La riposte est pleine de SOBRIETE.
Ganzini se demande ce qu’il fout devant ce taré. Il revoit des flashs de sa dernière PETANQUE, la PAELLA, son GROUPE de potes, l’ALCOOL qui coule à flot. Et se reprend. Putain, la disparition du gosse et le MANEGE de ce dégénéré.

***

Le soleil est à son ZENITH. Un rai de lumière jaillit à travers une PETITE lucarne et DYNAMITE la noirceur de la pièce. SUR sa gauche, Jean distingue un rat s’EXCITER sur un reste charnu mystérieux. C’est un jeune rongeur. Un GALOPIN, comme lui. Sauf qu’il est libre. Il songe à son FRERE, mort d’inquiétude sûrement. A un HAMBURGER aussi. Puis enfin, à prier le SEIGNEUR.

***

Seul dans la salle d’interrogatoire, l’inconnu chantonne un MOTET ARGENTIN : « Todo es silencio y serenidad…».
- Trouvez-moi le nom de ce type. Vite ! Ordonne le commandant. Je veux la COPIE de son pedigree avant midi. Si la ROUE ne tourne pas, c’est fossilisé dans la ROCHE qu’on va retrouver ce gamin. Contactez la légiste PINEAU et retournez-moi toute la VALLEE s’il le faut !
Empoignant le bouton de la porte et s’apprêtant de nouveau à en découdre, il aperçoit Nelson, debout contre le mur, une assiette de CONFIT à la main. Le spectre d’un goinfre MEDIEVAL, ou comme surgi de la PREHISTOIRE, se dessine dans son esprit.
- Tu t’crois au RESTAURANT Isidore !? Aucun COPAIN t’a appris la décence ? La VACHE ! Si j’étais AUVERGNAT, t’aurais hérité d’une taloche de GORILLE. PUTAIN, TROIS même ! Il a l’ART de faire chier celui-là. La prochaine fois tu déposes ton Luger PARABELLUM sur mon bureau !

***

Comme une aspiration divine, le FOEHN effleure la peau de Jean. Il ferme les yeux. Apaisé. Distingue le flux discret de l’ARIEGE qui court à proximité. Il supplie : MON Dieu aidez-moi. Et commence à délirer. Promettant d’être un bon FILS. Il CHANGE déjà. Jurant à ses parents que la prochaine DECENNIE sera exemplaire. La rayure sur le pare-CHOC avant, c’est lui. Le paquet manquant dans la CARTOUCHE de cigarettes, c’est encore lui. Il ouvrira un LIVRE. N’utilisera plus sa MANCHE pour se moucher. Le visage CACHE au creux de ses genoux, sa MEMOIRE ploie sous le bruit lancinant des gouttes qui, comme une PENDULE, égrènent les heures.

***

- PIQUE ! Assure Nelson avachi sur une chaise du poste de police.
- Ah ! Combien tu paries. Ta SOLDE ? Lui lance Jeff.
La porte claque. Illico, Ganzini fulmine comme si son crâne crachait la VAPEUR de toutes ses désillusions. Isidore et son comparse font d’urgence face au PONTE. Des cartes à jouer achèvent leur dégringolade.
- Tu te fous de moi Nelson ! COURAGE ! Bonne TENUE ! RESPECT ! CONTROLE de soi ! PRISE de décision ! Ca te parle ?
- Mais chef ! Savez bien que j’ai pas d’VEINE moi. En plus j’suis DEBUTANT ! Si j’avais du bol, ma BONNE femme m’aurait pas fait COCU. J’ai pris l’BOTTIN, rien trouvé ! Personne le connaît vot’ gars.
La sanction manque de tomber lorsque les couleurs jaune et bleu d’un CABAN posé sur le comptoir de police attirent l’attention de l’inspecteur.
- Mais qu’est-ce que c’est que ça ? Oh ! Bon sang !

*** Epilogue

La Mazurka en fa mineur de CHOPIN demeura inachevée. Je vous quitte également ici. Ce n’est bien sûr pas du MEPRIS. Au contraire, ce fut un formidable AMUSEMENT. Or l’exercice est difficile et un PENTACLE m’aurait été d’une grande aide pour dénouer toute cette affaire. PROFANE en écriture, ma propension à la musique est effectivement plus prononcée. Une petite CANTATE ?

Todo es silencio y serenidad
Dios
Que mi niño ya viene
Háganle sitio

Tout est silencieux et serein
Dieu
Mon enfant vient
Faites de la place pour lui
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Re: Chat-l'ange Unanimo 2017 - Huitième Texte, par sab92

Message par felixcat17 » 27 Fév 2018 22:36

Bravo Sab92 !
Pour un coup d'essai, si j'ai bien compris... :)
Et dans l'ordre, même si le début à tendance à foutre les boules, et pas forcément à zéro... :boulet:
Atmosphère bien particulière en effet...limite malaise, c'est moins la petite maison dans la prairie que la petite prison dans la mairie...

En tout cas, à suivre... ? :)
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Re: Chat-l'ange Unanimo 2017 - Huitième Texte, par sab92

Message par Ambroisie » 28 Fév 2018 0:45

Félix a bien évoqué l'atmosphère de cette histoire un peu sanguinolente où je me suis perdue, puis retrouvée, contrebalancée par le haïku du début et la petite cantate finale. Une suite, je ne sais pas mais sûrement un deuxième essai également transformé la prochaine fois ! :)
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Re: Chat-l'ange Unanimo 2017 - Huitième Texte, par sab92

Message par peyo_fr » 28 Fév 2018 9:40

Moi je soupçonne notre ami sab d'avancer masqué, et d'avoir découpé puis interverti quelques paragraphes distants dans un de ses précédents polars, bien dense, à l'atmosphère bien glauque...
Il doit être suédois en fait, il s'appelle probablement Gunnar Ljungström ou quelque chose comme ça ! :metal:

D'ailleurs la ficelle est un peu grosse : en insérant un deuxième "a" dans son pseudo, on trouve ça :
Image
Et comme par hasard c'est bien un certain G.L. qui a conçu l'objet, l'équivalent suédois de la célèbre Traction Avant, dans les faubourgs de Trollhättan...

Maintenant, pour identifier le pavé d'où ont été extraits au burin ces 10 gravillons littéraires (plus l'épilogue), il va falloir convoquer Yves Coppens, il y a trop peu d'indices pour un profane.

Tu es démasqué, G.L., mais cela n'enlève rien à ton talent littéraire et l'avenir t'appartient : après la promesse de l'aube, on a bien la vie devant soi, non ? :clown:
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Re: Chat-l'ange Unanimo 2017 - Huitième Texte, par sab92

Message par sab92 » 02 Mars 2018 14:29

Et surtout merci à Peyo pour sa correction !
J'étais dans Le purgatoire des innocents de K.Giebel après avoir fini Alex de Lemaître. J'ai été influencé c'est certain ! :scratch:
En tout cas, bien que difficile, l'exercice était surtout rigolo ;)
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